Les vignerons du Beaujolais ont connu une campagne 2025 particulièrement mouvementée.
Dans un communiqué publié par Inter Beaujolais, l’interprofession évoque une année "tumultueuse", marquée par une succession d’épisodes météorologiques contrastés ayant fortement perturbé le cycle de la vigne. Malgré une récolte réduite, les professionnels saluent déjà un millésime de grande qualité.
Après un hiver relativement frais et un début d’année proche des normales saisonnières, la vigne a bénéficié d’un mois d’avril chaud et pluvieux favorisant sa croissance. La floraison est apparue avec environ huit jours d’avance sur 2024.
Mais les vignerons ont ensuite dû composer avec des épisodes climatiques parfois extrêmes : températures atteignant 35°C dès le printemps, pluies abondantes dépassant localement les 100 mm début juin, ainsi qu’un épisode de grêle ayant touché certaines parcelles du nord et du sud du vignoble le 1er juin.
Une longue période de chaleur et de sécheresse a ensuite permis de limiter la pression des maladies et de préserver un bon état sanitaire des vignes.
Des vendanges très précoces
Les vendanges ont débuté l'an dernier dès le 23 août pour les Beaujolais blancs et le 25 août pour les rouges, parmi les plus précoces de ces dernières années.
La récolte s’est déroulée en deux temps : un début sous de fortes chaleurs, puis une fin de campagne plus fraîche et humide jusqu’à la mi-septembre, permettant aux raisins d’affiner leur maturité.
Selon Bertrand Chatelet, œnologue à la SICAREX Beaujolais, "les vendanges ont clairement été coupées en deux phases", donnant naissance à des vins aux profils complémentaires.
Les raisins, plus petits mais concentrés en sucre, ont donné naissance à des vins colorés, structurés et équilibrés.
Inter Beaujolais décrit un millésime marqué par les arômes typiques du gamay : cerise, violette, pivoine et épices douces. Les tanins sont annoncés comme fermes et structurants, avec une belle aptitude au vieillissement.
Les premières cuvées peuvent déjà être dégustées, mais les professionnels estiment que ce millésime pourra également se conserver cinq ans et davantage.
Le vignoble du Beaujolais s’étend sur 12 500 hectares entre Lyon et le Mâconnais. Il regroupe près de 2 000 domaines et maisons de vins ainsi que neuf caves coopératives, répartis au sein de douze appellations, dont les dix crus du Beaujolais.
Pour les professionnels, 2025 restera comme l’un de ces millésimes forgés dans l’adversité climatique, mais qui pourraient réserver de très belles surprises dans les verres.